europan 10 - l'Isle d'Abeau l'isle d'abeau 06/2009
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A la croisée des chemins, à la croisée de plusieurs histoires qui ensemble racontent un lieu et le recomposent : l’Isle d’Abeau, ville nouvelle, ville conquérante déjà colonisatrice, poursuivant l’urbanisation aux portes et en connexion des grandes agglomérations rhodaniennes. Le quartier de la Gare Champoulant, trait d’union de cette continuité…inachevée.

Notre regard s’attarde sur ce site, sur ce qu’il révèle de ce passé récent : des plaies, des ruptures, des implantations urbaines et un paysage prégnant, socle permanent de cette nature recomposée maintes fois. Notre posture est l’analyse croisée, qui permet la composition – formes urbaines et architecturales, usages à inventer – et l’observation. Notre point d’ancrage est le site, sa géographie, son orientation, son positionnement dans le grand territoire.

Nous appuyant sur cette base solide, sur ces potentiels spécifiques et uniques, nous choisissons la prise en compte globale et englobante, non dans le sens du compromis, mais bien au contraire de la radicalisation des éléments constitutifs et à créer sur le site. L’expression d’un parti d’aménagement émerge au travers de l’oxymore « ville nature ». La ville s’assume : le construit est matière et minéralité. La nature existe : elle est plurielle, biodiversité et formes appropriables (jardins partagés, espaces verts…).

La possibilité de la rencontre et de l’échange est réalisée entre ces deux composantes par la vie même qui s’implante dans ce nouvel environnement. Une vie multiple elle aussi : animale et humaine, sociale et privée, collective et individuelle.

Le quotidien au sein du quartier Champoulant est l’exercice de modes de vie à tester ensemble, à développer et à rendre pérennes : déplacements, usages des lieux publics – équipements ou espaces ouverts, pratiques de proximité commerciales et divertissantes. Les activités du quotidien et de l’exceptionnel sont rendues possibles, elles sont proposées dans la proximité, dans la transition et la facilitation des usages. La gare, s’appuyant sur des développements métropolitains, est le lieu de nouvelles fonctionnalités, une combinaison d’actions possibles et voit ainsi sa fréquentation augmentée. L’habitat est plutôt groupé, inscrit dans des parcelles nettes, précises, lisibles dans leurs relations aux espaces collectifs, ainsi se font aux mieux les transitions et les incitations au partage et la pratique des lieux.

Notre projet propose les formes et les modalités pour le développement de ces manières de vivre et d’habiter. Dans l’opposition ville nature, des îlots urbains, denses et mutualisant l’habitat, les services et modes de gestion, sont autant d’entités fonctionnelles qui coexistent au sein d’une nature paysagée ou libre.
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